De Bordeaux à Narbonne :
- Julia
- 7 nov. 2018
- 14 min de lecture
Bordeaux - Saint-Exupéry :
Adeline m'a conseillé de me rendre au "Garage Moderne" pour voir s'ils ne pouvaient pas m'aider à réparer mon vélo. C'est une association de mécanique qui fourni le matériel nécessaire à la réparation des vélos ou des véhicules à moteurs. Ils auront peut-être de quoi me dépanner pour finir ma route. J'arrive à l'heure de l'ouverture. Une veille voiture installé au-dessus d'un immense portail en acier m'indique l'entrée. Un homme n'ayant pas l'air du matin, ouvre le portail sans me porter nulle attention. Il le laisse à demi-ouvert. Je ne veux pas l'assaillir de questions dès son arrivée. J'attends patiemment qu'il revienne me chercher. Il doit bien se douter que j'attends pour entrer. Dix minutes plus tard, je comprends qu'il ne compte pas m'accueillir. Une seconde personne arrive. Cette fois-ci, une jeune femme qui veut garer sa voiture à l'intérieur. Elle semble beaucoup plus préoccupée par ma présence. Elle me demande ce qu'elle peut faire pour m'aider. Je lui explique ma situation. Elle me répond : "Le problème c'est que toute l'équipe est en réunion ce matin mais je peux regarder sur internet pour t'indiquer un bon réparateur dans le coin". Elle me fait entrer dans l'immense hangar qui les loge. Caravanes et vieux bus font office de buvette et de point d'accueil. Le lieu est remplie de pièces de mécanique, de vélos et de tout un tas de drôleries. Elle allume sont PC et se connecte à Google maps. Elle m'indique Excel'Cycle, rue Saint-Louis à 3 km de là. En prenant mon temps j'arriverai tout juste à l'ouverture. Pourvu qu'ils puissent me prendre.
Je rentre dans le petit magasin. Le vendeur jette un coup d’œil sur ma roue et me dit : "Oulà c'est qu'elle est pas toute jeune votre jante. Les écrous de fixation de vos rayons sont tout oxydés et le risque c'est de péter un rayon en les resserrant. A quelle heure au plus tard devez-vous partir ?". "Je peux attendre jusqu'à midi" en pensant intérieurement qu'il est fini plus tôt. "Je vais voir ce que je peux faire et je vous envoie un message pour vous tenir au courant. En attendant, vous pouvez vous installer dans le café de l’hôtel Mercure qui est juste en face."
Je rentre dans l’hôtel luxueux. Les réceptionnistes semblent surpris de voir une jeune fille en vêtement de cycliste arriver ou c'est peut-être seulement moi qui ne me sent pas assortie au décor.
"- On m'a dit qu'il y avait un café ici mais je dois me tromper ?
- Non, vous ne vous trompez pas, il est juste là et tous le monde y a accès".
Je m'installe à une table et m'offre le petit déjeuné express avec croisant, jus d'orange et café. J'en profite également pour contacter la personne qui m'accueille ce soir et raconter mes dernières aventures sur mon blog. Moins d'une heure s'est écoulé quand je reçois le texto me signalant que mon vélo est prêt. Le vendeur a resserré tous les rayons et la roue n'est plus du tout voilée.
"- J'ai fais au plus vite, me dit-il."
En effet, je n'aurais jamais pensé attendre si peu de temps.
" - Combien je vous dois ?
- 10€."
Alors voilà, si toutefois il vous arrive de passer par Bordeaux à vélo et qu'un problème mécanique vous surprend. Non, s'il vous plait, je vous le demande, n'allez pas dans le premier Décathlon que vous croisez. Rappelez vous qu'Excel'cycle, 88 rue Saint-Louis, excelle réellement dans l'art du vélo pour un rapport qualité/prix bien plus intéressant.
Le ciel se couvre. J'enfile mon imperméable muni de la technologie triple couche. En un coup de pédale je rejoins les bords de la Garonne et poursuit plein Est. Il pleut des cordes. Une pluie lourde que je n'avais encore jamais eu. Non, même pas en Ecosse. C'est quand même un comble ! Moi qui espérait avoir un peu de beau temps avant la fin de mon road trip, c'est raté. Pas un pète de soleil au sud de la France et ça n'a pas l'air de vouloir s'améliorer.
J'enfile les kilomètres à toute vitesse. La piste est tracée, goudronnée et plate. Je ne croise personne. Je suis seule au monde. Je chante, siffle, parle à voix haute et passe de longues minutes pensive à oublier que je pédale sous la pluie.
15 kilomètres avant mon arrivée, j'arrive dans le petit village de Frontenac. J'ai faim et froid. Je n'ai qu'une envie c'est de trouver un petit restaurant pour me réchauffer et manger un bon petit plat. J'arrive devant le restaurant "L"Archange". Je n'arrive pas bien à savoir si c'est ouvert. je gare mon vélo et pousse la porte d'entrée. Un monsieur essuie les verres au fond du café tout en parlant à deux clients assis en face de lui sur les chaises hautes. C'est ambiance bistrot. Une petite dame est assise au bar. Elle prends son café avant de reprendre le boulot. Elle raconte avec un sourire innocent les excès violents de son mari sur elle. Elle explique qu'elle avait toujours pensait qu'il s'arrêterait un jour et qu'elle était là pour l'aider à être mieux. Toujours avec ce sourire déconcertant, elle ajoute "mais maintenant c'est fini parce-que les menaces avec le couteau après ça fait peur. C'est pour ça, là j'ai dit stop. J'ai demandé le divorce". L'homme en face d'elle qui l'écoute lui dit : "Tu sais, moi j'ai toujours dit que les femmes qui sont battues, c'est que quelque part, elles acceptent les coups". Elle l'écoute et lui dit "Oui mais bon il avait pas que des mauvais côtés et moi quand je l'ai rencontré c'était comme quelqu'un de ma famille, et à partir de là pour moi, il fallait que je sois là pour lui et qu'il fallait que je l'aide à se débarrasser de ce mal qu'il a en lui. J'ai toujours cru qu'il changerai que ça lui passera". Elle se retourne plusieurs fois vers moi, cherchant mon regard et mon écoute. J'ai le sentiment de faire la rencontre d'Edith Piaf. Des grands yeux maquillé, pétillant, les cheveux court et frisé, et un sourire constant, vrai qui laisse apparaitre quelques dents imparfaites. Elle est touchante et me renvoie en pleine face la France dont on ne parle pas. La France ouvrière qui pour moi n'existait que dans les chansons de Brel, Renaud ou Boris Vian. Une France qu'on aime mais qu'on ne regarde pas.
Le gérant du resto me dit :
" - Je te sert quoi ? Viande, Poissons ?
- Euh plutôt poisson.
- Ok, avec salade et frites ? ça te va ?
- Oui c'est parfait !
- Tu veux un petit verre de vin avec ça ? Je te l'offre.
- Ah bien, oui pourquoi pas, merci !"
Il pose la bouteille de vin sur la table. Il repars. Il reviens l'assiette de saumon fumé, salade et frites dans la main.
Je serai resté toute la journée dans ce petit restaurant où le temps semblait suspendu. Où des scènes se jouaient comme dans une pièce de théâtre. Où le temps finalement n'existait pas vraiment.
Il pleut toujours. Il est à peine 15h et il ne me faut qu'une heure pour arriver au village de Saint-Exupéry.
C'est perdu ici. J'ai complètement oublié de recharger mon portable au restaurant. Je n'ai plus de batterie. Nadège, la personne qui m'accueille ce soir, m'avait donné quelques indications et je pense être au bon endroit mais je poursuit ma route espérant trouver un bar pour charger mon portable. Sur ma route, je tombe sur une femme qui semble avoir des difficultés à déplacer sa poubelle.
" - Vous avez besoin d'aide ?
- Non c'est bon je vais y arriver.
- Est-ce que par hasard, vous savez où se trouve le lieu dit le petit ?
- Ah non, le petit ça me dit rien. Vous êtes perdu ?
- Bien, en fait une personne doit m'accueillir et je n'ai plus de batterie de téléphone pour la joindre.
- Ah bien, entrez vous mettre à l'abri pour charger votre portable et vous réchauffer, si vous voulez."
Son chien trempé d'être resté sous la pluie me saute dessus content d'avoir un nouveau compagnon de jeu. Je rentre dans son hall, quitte mes chaussures, gênée de lui salir son intérieur.
"- Elle s'appelle comment la personne qui doit t'accueillir ?
- Nadège
- Ah oui, Nadège je l'a connais, elle habite juste au-dessus. J'avais jamais remarqué que le lieu dit s'appelait Le petit".
Tandis que ma mini tablette tactile charge, la cafetière italienne siffle. Michelle me sert une tasse avec des biscuits secs. Elle me raconte quand elle est tombée en amour du meunier du coin. C'est lui qui l'a fait quitter les Alpes où elle aimait randonner. "C'est pas pareil ici" me dit-elle avec un petit air de nostalgie "mais bon on peut pas tout avoir".
Je suis restée une bonne heure à papoter avec Michelle. Une fois de plus je quitte une personne que je n'aurais peut-être jamais l'occasion de revoir. Je remonte la côte que j'avais descendu et trouve la maison de Nadège. Personne n'est encore arrivé. Au téléphone, elle m'indique comment je peux rentrer par son garage.
"Prends-toi une douche bien chaude et fais comme chez toi, tu es la bienvenu !"
La douche chaude était aussi la bienvenue. Nadège arrive avec sa fille en début de soirée. Elle a aussi un garçon que je ne verrai pas. Lors du repas, elle m'explique comment elle a découvert Warmshowers. Ils sont partis l'été dernier à 4 pour pédaler sur les sentiers du canal du midi. C'était la semaine "test" pour voir si le courant passerai entre ces enfants et son nouveau conjoint. Et ça a marché me dit-elle ! Ils s'entendent très bien !
Saint-Exupéry - Agen :
Il n'y a déjà plus personne quand je me lève ce matin. Nadège m'avait prévenue : "Tout le monde commence avant le levé du jour ici". Mes affaires ont eu le temps de sécher. Je sors ma bécane mécanique du garage. Il pleuviote mais ça à l'air moins méchant qu'hier. Le canal est bétonné. Tout roule. Je découvre les vielles bâtisses de la Réole, traverse des charmants petits villages. D'écluses en écluses, j'avance à la recherche d'un endroit où je pourrai trouver à manger. J'arrive au Mas d'Agenais. Un charmant village où les maisonnettes décorées se suivent dans une montée des plus raide. Je pousse mon vélo jusqu'à un parking de verdure, décoré lui aussi, de bicyclette fleuries. Je ne prends pas le soin d'attacher mon vélo à l'arbre. Mes sacoches sont libres et mes affaires auront peut-être le choix de changer de propriétaire. J'ai envie de croire au monde, à sa bienveillance et puis de toute façon qu'est-ce que j'y perdrai ? Je suis une vagabonde. Je trouverai un bateau pour me ramener si ...
Personne n'a embarqué mon vélo. J'ai fais le tour des rues du Mas d'Agenais. Le Spar est fermé, la boulangerie aussi. Il est environ 13h30, c'est l'heure de la sieste ici.
Je mangerai plus tard. Je reprends le canal le ventre vide.
Je pédale et pédale sur des kilomètres de digue bétonné, ombragé de platane. Puis, j'arrive près d'un café. La clientèle n'abondent pas aujourd'hui. C'est plus l'heure de demander s'ils proposent de quoi déjeuner. Un peu désespérée de ne pas trouver de quoi assouvir ma gourmandise, je me prépare des nouilles chinoises avec ma popote. Le ciel est gris et il ne fait pas bien chaud. Pour m'encourager à continuer, je m'offre un café au lait. La serveuse assise à une table de son café, discute avec une amie. Lorsque je lui fais ma commande elle demande à un jeune gars d'une douzaine d'années d'aller voir s'il restait du lait dans la réserve. Il en reste. Je m'installe sur un tabouret du bar, me donnant l'aisance d'être la seule cliente de l'après-midi. En payant, la serveuse me demande jusqu'où je vais. "Jusqu'à Narbonne, je lui répond. C'est là que je retrouve ma famille. Il ne me reste plus que 3 jours de périple."
Je me remets en route. Ce soir, c'est chez Cécile que je loge. Lorsque j'arrive à Agen, le ciel s'est éclaircie. Cécile me retrouve en bas de chez elle en sortant du boulot. Elle m'accueille dans son petit appart. La simplicité est d'ordre ici. On partage un plat de pattes aux lardons et on discute écologie. Cécile a un projet dans la tête. Un projet voyage à vélo. Cécile c'est une fille qui part sans tente et qui n'a pas peur de dormir seule à la belle étoile. C'est une femme, quoi ! Une vraie !
Agen - Montjoire (à 20 km de Toulouse) :
Il est tôt quand je quitte le logement de Cécile. Aux environs de 8h. C'est que j'ai une centaine de kilomètres qui m'attendent aujourd'hui alors pas de temps à perdre. Je commence à ressentir que j'arrive au début de la fin de mon périple. J'avance sans me soucier de regarder ce qui m'entoure. J'avance parce-que je dois arriver. Je me suis même pas arrêtée pour manger.
Je suis arrivé au village à 15h alors qu'on ne pouvais m'accueillir qu'à partir de 20h. Pourquoi n'ai-je pas pris plus mon temps ? C'est toujours comme ça, dès que j'ai une grosse étape je souhaite arriver au plus tôt pour avoir le temps de me reposer.
Je suis rentrer dans le Vidalo, le bar/épicerie du coin. Vanessa, qui m'accueille ce soir me l'avait conseillée en attendant qu'elle puisse m'accueillir chez elle. J'ai fais des courses, bu un café, puis un autre, j'ai écrit sur mon blog, puis j'ai pris un demi. Les mecs devant le comptoir semblaient surpris de me voir seule assise à une table. C'est ça, ils ne m'avaient jamais vu, puis les touristes ne courent pas les rues. J'observais leur regard et imaginais ce qu'ils pensaient en me voyant assise seule depuis plus de 2h. Je sentait être une curiosité à leurs yeux et je sentais leurs envie de me poser des questions. Ils ont du comprendre que le vélo cadenassé dehors et chargé de sacoches était le mien. Il devait s'en douter car je ne me suis pas changée et mon casque est sur ma table. On échange des regards et des sourires mais pas de mot. Ils n'ont pas du oser. Ils ont du se dire qu'une bande de gars accoudés au comptoir avec une bière à la main, ça peut faire peur à une jeune fille qui voyage en vélo seule.
J'ai quitté le bar vers 19h. Je commençais à trouver le temps long. J'ai poussé mon vélo jusqu'en haut de l'église de Montjoire. Le soleil descendait l'horizon doucement. La lumière rougissait. C'était beau.
Vanessa et José m'accueillent dans leur grande famille. Ce soir nous sommes six autour d'un bon repas.
Montjoire - Carcassonne :
C'est mon avant dernière étape et pas des moindres. 120 km à parcourir. J'ai du mal à réaliser que je retrouve ma famille demain.
Je part juste avant que Vanessa ne parte au boulot. Il est 8h et ça fait déjà un petit moment que José est parti amener les enfants à l'école. Quand je quitte leur maison, le soleil est rasant. Il projette mon ombre sur le goudron déjà tiède. La journée s’annonce belle.
Je redescends les kilomètres que j'avais monté hier pour rejoindre la ville rose. Oh, Toulouse !!!
La vie s'agite ici. Le tram, les voitures, les terrasses des bars ouvert. Le soleil a sorti ses rayons et les passants tentent de se frayer un chemin pour ne pas se gêner. Pas facile de pédaler dans toute cette circulation. La piste de vélo qui longe la Garonne monte et descend. Il faut parfois une sacré agilité pour passer sous les ponts. Les pavés sont mouillés, il n'y a aucune barrières entre la chaussée et le canal. Je fais le choix de mettre pied à terre, ce n'est pas encore la saison des baignades ...
Je mangerai à Castelnaudary, c'est le plan que je me suis fixée. Alors pas de temps à perdre...
Quelques minutes plus tard : Oh il sont drôle ses canards. C'est quoi ? Faut que je prennes une photo pour les identifier.
Puis : Oh, elle est drôle cette ferme, y a plein de vélo installés à la queue leu leu dans le jardin. Faut que je montre ça, c'est trop bien !
Pour finir : Oh, y a un truc qui vol ! Oh, c'est une huppe fasciée ! Oh, faut que je la prenne en photo ! Oh, arrête de bouger... mais attends. Ah ça y est elle s'est posé sur la piste. Clic clac ! C'est dans la boite. Bon allez cette fois-ci, j'arrête de m'arrêter sinon je vais pas y arriver.
J'arrive dans le joli petit village de Castelnaudary. Je commence à avoir très faim. En même temps, il est 15h passé... Une boulangerie est ouverte. Il reste une part de pizza. Je la prends et m'installe dans leur salle au fond du magasin. J'ai encore faim. Je commande, un café crème et je me laisse tenter par un cookie en dessert.
Je repars toutes les batteries rechargées. Un arrêt dans un café est toujours un bon moyen pour brancher son portable aussi.
Les paysages défilent comme dans un train. Hervé et Pascale, doivent m'accueillir ce soir. J'arrive à Carcasonne vers 18h. Hervé m'avait donné quelques indications par téléphone mais je n'ai pas tout compris. On devait se retrouver sur un pont. Je suis sur un pont. La circulation est dense et je ne vois personne. Je le recontacte et lui décris les environs. Il prends un certain temps à comprendre où je me trouve. "Prends à droite, on devrait se croiser" me dit-il. En effet, une personne arrive en vélo sur la voie de gauche il me regarde, je le regarde. On comprends rapidement que nous venions de communiquer par téléphone. Je m'arrête aussi tôt pour qu'il puisse me rejoindre. "Julia ?", "Hervé ?".
Nous arrivons au pas de sa porte d'entrée. On range les vélos dans la cour et je rencontre Pascale, sa compagne. Tous deux sont amoureux des voyages et plus particulièrement des voyageurs. Ils font partis de plusieurs associations qui participe à l'accueil de personnes venant du monde entier. Ils sont d'ailleurs bien incapable de me dire combien de personnes ils ont accueilli. Ils ont 3 enfants un peu plus âgés que moi dont un qui habite à Grenoble. "Tous des tronches !" me disent-ils. Il faut dire que Hervé et Pascale sont professeurs des écoles et surtout d'un esprit évolué. Ils sont pour ainsi dire ceux qu'on défini comme "intellectuel" mais c'est les discréditer de les mettre dans cette case aussi fermée qui soulève de nombreux préjugés. Alors je conclurai par : Ils sont Pascale et Hervé deux personnes au grand cœur.
Avant de passer cette dernière nuit vagabonde, Hervé me propose d'aller photographier la cité de Carcassonne de nuit. Un beau souvenir de fin de voyage...
Carcassonne - Narbonne :
J'admire les lumières matinales qui éclairent la cité médiévale de Carcassonne. Je retrouve les miens vers 15h. C'est excitant et en même temps pas autant que je l'aurai pensé. J'ai finalement le sentiment qu'ils n'ont jamais été très loin. Je roule au bord du canal sur des petits chemins en terre battue. Le soleil m'accompagne et le vent me pousse comme pour m'aider à avancer. Le printemps s'éveille et je m'émerveille de voir des papillons et des orchidées déjà sorti de leur sommeil.
A l'heure du déjeuner, je m'offre un restaurant. Comme une récompense. Une manière pour moi de me féliciter, de me remercier d'avoir fait ce qui eu du sens pour moi.
Plus la journée avance plus le vent s'angoisse. Ces rafales me font prendre le soin de descendre de mon vélo. Je passe un coup de fil à mon père. Ils partent du petit village de Montagnac, où vit ma grand-mère. Ils viennent me récupérer à Narbonne au bord du canal de la Robine.
Mon chemin s'arrête face à une végétation ébouriffée et infranchissable. Je comprends qu'il faut que je rejoigne l'autre rive. Il y a un pont au dessus de ma tête mais comment y accéder ? Je tourne en rond pour trouver l’accès. Je rentre dans un petit couloir caché par la dense végétation. J'arrive face à un muret montant progressivement jusqu'en haut. Je l'emprunte vérifiant l'itinéraire sur mon GPS. Tout semble correct. A ma grande surprise, j'arrive sur une voie ferrée. Est-ce que des trains passent encore par là ? J'en ai aucune idée. Il y a très peu d'espace entre les rails et le bord. La traversée doit faire une quinzaine de mètres. Il n'y pas l'ombre d'un train à l'horizon. Je prends une grande respiration et traverse le pont maitrisant tout juste ma peur. J'arrive de l'autre côté de l'Aude. Un grillage a été volontairement tordu et ouvert pour accéder de nouveau à un muret de même type que le premier. Je ne suis visiblement pas la seule à être passer par ici. Je rejoins progressivement la terre ferme et mes jambes retrouvent leur calme. J'appris plus tard que cette voie ferrée est toujours empruntée par des trains de marchandise passant entre Bize-Minervois et Narbonne.
Les kilomètres qui s'affichent sur mon écran diminue petit à petit. Il n'en reste plus quand, un camion blanc garé sur une partie goudronnée du canal me barre la route. Je le dépasse. Une C8 noire à quelques mètres de moi apparait. Ne serait-ce pas ... ?
Derrière la vitre teintée des visages se dévoilent. Celui de ma grande sœur, de mon père et en arrière plan celui de ma petite sœur et de mon petit frère. Les portes s'ouvrent et tout le monde sort. Tout le monde sauf, un tout petit être que je ne pouvais pas voir de l'extérieure. Ma petite nièce Lina âgée de tout juste 19 mois impressionnée par toute cette agitation.
Le compagnon de ma sœur ainé nous rejoins et nous nous installons à un bar pour fêter nos retrouvailles.
Nous sommes le 31 mars 2018. Demain, C'est Pâques. Dans la mythologie grecque Perséphone retrouve la déesse de la terre, sa mère. De cette retrouvaille s'éveille à nouveau les beautés du printemps, symbole de la Renaissance...