Isle of Uist
- Julia
- 22 mars 2018
- 6 min de lecture
Berneray :
Berneray est magnifique. Un endroit paisible où il est bon de se reposer. Je reste une journée de plus pour en profiter un maximum, faire sécher ma tente encore humide et laver quelques habits à la main. Ce matin, Nathalia m’embarque dans sa voiture. Je n'ai pas assez d'argent liquide pour payer mes deux nuits. C'est pas une simple affaire de trouver un distributeur ici. Ils nous a fallu nous arrêter dans trois lieux différents pour que je puisses enfin retirer de l'argent. Nathalia est botaniste de métier et vient tout juste de finir son contrat. Elle vit à Tiree, une petite île pas très loin d'ici. Elle est venu pour prendre quelques jours de repos. le temps est merveilleusement ensoleillé et je suis surement entrain de perdre une de mes plus belle journée pour pédaler mais quoi de mieux que de marcher au bord de l'eau, regarder les oiseaux, essayer d'en identifier certains et ramasser des coquillages ? Je n’avais pas compris qu’elle partait dans l’après-midi. En rentrant de ma promenade, alors que trois kayakistes étaient en train de s'installer dans l'auberge, j’ai trouvé un petit message de sa part pour me dire au revoir.
Les trois kayakistes sont aussi de très bonne compagnie. Ils se font un plaisir de partager avec moi leur amour pour leur pays. Ils m’offrent quelques bières, tentent de m'apprendre le Gaelic et me servent un Wee DrruuM, c'est-à-dire un petit GRAND verre de whisky.
Howmore :
Comme me l'avaient prédit les trois kayakistes, ce matin les conditions météo ne pas excellente. Je m'apprête quitter les lieux quand l'un des kayakistes revient vers moi et me tends une canette de bière en me lançant "Enjoy your trip" (Bon voyage ou Prends du plaisir durant ton voyage). Mon vélo est assez lourd et cette charge supplémentaire m'emcombre un peu plus mais comment refuser ce geste aussi spontané et COOL ! Je l'ajoute comme je peux dans mes bagages et embarque pour de nouvelles aventures.
Le vent s'est réveillé et j’ai du mal à profiter de ma journée. Je fais un léger détour pour faire ma pause pique-nique au niveau d’une réserve RSPB. Je laisse mon vélo dans un coin et m'installe au bord d'une plage. Celle-ci doit accueillir de nombreuses espèces dans quelques mois mais pour l'heure rien de très excitant. J'observe à nouveau ce cygne qui présente un bec différent de celui qu'on voit communément en France. Le Cygne chanteur. De plus prés cette fois mais je ne m'éternise pas longtemps.
Il commence tout juste à pleuvoir quand je vois l’indication Howmore. Ici, se trouve une auberge du même type qu'à Berneray. Je ne sais pas encore si je campe ou non mais la pluie m'a très vite fait prendre une décision. J'allume le poêle de la pièce à vivre et prépare mon repas du soir. Je suis seule. Personne pour me tenir compagnie. J'entends le vent souffler et les gouttes de pluies percuter les vitres des fenêtres. Bizarrement, je me sent bien. En sécurité. Ce fait me semble tellement curieux que je finis par me raconter des histoires pour me faire peur. Celles-ci ne retiennent pas suffisamment mon attention pour me tenir en alerte et je m'endors comme un bébé.
Howmore – île de Barra :
Le temps s'est calmé. Il fait beau. Je pars à la rencontre des trésors cachés qui entourent l'auberge d'Howmore. Un vieux cimetière en ruines, des os de baleines et autres vertébrés marins sont disposés sur les murs de pierres. Je pense même avoir reconnu le crâne d'un renard, ce qui est étrange, connaissant l'absence de celui-ci sur l'île. Mon ferrie n'est qu'à 17h20, ce qui me laisse le temps de faire une petite pause dans un café. J'avais quelques infos sur des paperasses récupérer de-ci de-là concernant les restaurants, magasins et cafés que j'étais susceptible de croiser sur ma route. C'est vous dire à quel point il est difficile de trouver un endroit peuplé ici. J'étais persuader de trouver une super place où me poser à Lochmaddy. Une ville portuaire qui d'après mes cartes touristiques semble active. Nous sommes dimanche. Lorsque j'arrive à Lochmaddy, je perçois très vite le café en question. En effet, on ne peut pas le louper vu la couleur de son toit, Rose bonbon. J'ai rapidement compris qu'il était fermé. J'espérais au fond de moi qu'il ouvre ses portes un peu plus tard. Je me suis approchée de la porte d'entrée et lu "ouvert du lundi au samedi". Pas de chance mais maintenant que je suis là autant utiliser la table de pique-nique installée juste devant l'entrée pour cuisiner mon déjeuner. Je trouve finalement un endroit où me reposer un peu plus loin. Le Kilbride café. Je pose mon vélo à l'extérieur sans me soucier de l'attacher. Ici, personne pour te causer de soucis et fouiller dans tes affaires. Je garde de toutes façons le plus essentiel toujours sur moi. Le café est assez rempli. Derrière une ambiance de musique celtic et de grandes fenêtres qui laissent entrer la lumière du soleil, j'apprécie mon English The.
En sortant, les UV me chauffent les épaules. Je n'avais pas goûter à ce plaisir depuis un certain temps. Le village d'Eriskay m’envoie ses chevaux sauvages pour m'accompagner sur une raide montée où la vierge Marie prie en toute quiétude pour protéger ses habitants. Arrivée au port, je ne peut qu'apprécier le calme de l'eau et jouir de la chaleur du jour pour prendre des photos et observer à nouveau un Plongeur Imbrin. Cette oiseau au long cou qui n'a toujours pas quitté son manteau d'hiver pour son costume d'été.
Les voitures arrivent les unes après les autres pour se garer au niveau de l'embarcation. Un étrange homme, au look plus qu'écossais, vient discuter avec moi. Nous parlons de nature, de mon voyage et il finit par me parler de l'étrange coïncidence qui existe lorsqu'une éclipse à lieu. "Ne trouves-tu pas étrange que la lune a exactement le même diamètre que le soleil ?" me dit-il. Je ne m'étais jamais fais cette remarque. Nous changeons de sujet et il me présente à son ami qui parle très bien français et dont sa mère vit à Saint-Tropez. Nous sympathisons et je lui explique que je souhaite trouver un endroit où poser ma tente à Barra ce soir. Il est prêt à me trouver une place dans son jardin mais il n'est pas sûr d'avoir un endroit suffisamment plat et confortable. Il finit par demander des renseignements à sa femme. Puis ils m'indiquent tous deux un camping sur la carte de mon GPS où je peux apprécier un lever du soleil au bord de la mer. Nous embarquons dans le petit ferrie. Nous sommes seulement 6 passagers à bord. Je continue de discuter avec ces deux messieurs. Nous empruntons les escaliers externes de l'embarcation pour avoir une vue sur la mer. Nous observons un phoque et admirons une lumière fantastique qui transperce la couche nuageuse et éclaire l'île de Barra. J'aborde de nombreux sujets avec l'homme qu'il parle français. Puis je ne sais pas comment s'est arrivé dans la conversation mais il m'apprend qu'ils font partit des témoins de Jéhovah et qu'ils viennent apporter les bonnes nouvelles. Tout d'un coup cette déclaration me met mal à l'aise. Je fais comme-ci de rien était et continu de parler de mon voyage tandis que le second qui ne comprends pas deux mots de ce que nous racontons demande en plaisantant si je ne serais pas un peu bohémienne ou hippie. Tandis que l'autre me suggère d'ignorer cette stupide déclaration, je lui répond que oui, en fait, je le suis un peu. J'ai gardé pour le "et cela ne me déplaît guère" mais je l'ai pensé tellement fort qu'il a du s'en apercevoir. Je fini par rentrer rejoindre leurs deux femmes respective pour retrouver un peu de chaleur. Ils me rejoignent quelques minutes plus tard. Je reprends la conversation avec l'homme qui s'exprime en français et il me demande en me tendant une jolie plaquette française de sa main, si je suis intéressée pour la prendre. Le titre est "Quel est le sens de la vie ?". Je la refuse avec beaucoup de respect en lui expliquant que j'essaie de ne pas m’encombrer de paperasse. Il ne le prends pas mal et range son document. Nous nous quittons et je pars en direction du camping qu'il m'a indiqué. Il est 18h et la nuit n'est pas encore totalement tombée. Encore une fois, je ne suis pas sûre de faire camping sauvage où de m'installer à l'emplacement conseillé. Je me laisse jusqu'au dernier moment pour prendre une décision. Une voiture s'arrête à mon niveau. C'est à nouveau, cet homme avec sa femme. Il me donne sa carte de visite et me dit de ne surtout pas hésiter à les contacter si j'ai le moindre problème. Sur sa carte il est écrit "La Bible à la réponse à vos questions". Je ne suis pas croyante et pour moi tout cela me semble très étrange mais ces personnes étaient plus qu'attentionnées à mon égards et je ne peux que leur en être très reconnaissante. J'arrive finalement jusqu'au camping où je pose ma tente. La nuit est là et je n'ai pas suffisamment repéré l’île pour trouver un bon endroit pour poser ma tente. La nuit coûte 5£ et le camping possède un tout petit bâtiment avec douche, toilette et cuisine. Un confort non négligeable que je peine à refuser.