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De Lewis à Isle of Uist :

  • Julia
  • 18 mars 2018
  • 6 min de lecture

Une nuit en Tente à Lewis :

La nuit passée dans le Bothy a été une grande aventure ! Maintenant il me faut repartir sur les routes en direction de Tarbert. Le temps n'est toujours pas au rendez-vous ce matin mais ça pourrait être pire dans cette contrée écossaise. Je n'ai encore une fois pas de logement de prévu pour cette nuit. Je compte donc camper.

Le ciel s'ouvre complètement en fin de matinée, je suis seulement en polaire pour profiter de mon repas. Les routes de Lewis continuent d’osciller tel un diagramme pour le cœur mais rassurez vous, rien de dangereux pour lui. Je croise de drôle de choses ici. Notamment les micro-ondes font office de boites aux lettres !!! Les gens font toujours un signe de la main lorsqu'ils te croisent en voiture et si toutefois tu t'arrêtes pour les laisser passer, ils secouent la main comme pour dire "coucou" ou même parfois soulèvent le pouce.

Le soleil descend tout doucement se coucher en milieu d'après-midi. Je suis presque à une vingtaine de kilomètres de l'endroit où j'avais prévu de m'arrêter sur la carte mais le terrain est un meilleur allié pour trouver une bonne place. Je regarde les petites routes et sentiers qui bifurquent sur la droite et la gauche. Je me lance d'abord dans un large sentier mais je retourne en arrière quand je vois à quel point il est boueux et les traces de pneu de tracteur me font dire qu'il y a peut-être une activité agricole dans le coin. Je prends finalement une petite route goudronnée qui semble peu empruntée. Un lac se place sur ma droite tandis qu'une colline se perche sur ma gauche. Il est passé 16h et je pense que je ne doit pas trop perdre de temps pour choisir l'endroit idéal. Alors le lac ou la colline ? Je me fais un tableau dans ma tête pour trouver la place la plus sûre et la plus confortable. Je choisi la colline. Je me dis, "si toutefois un monstre viendrait à me repérer, il aura surement la flemme de monter jusqu'en haut". Je sent cette fois que les choses deviennent sérieuse. Je dois être le plus discrète possible. Je cache mes affaires à l'abri des regards, le temps de faire les allers et venus en haut. Malgré la pente, le sol est jonché de hautes herbes et de mousses qui retiennent l'eau. Vive l'Ecosse ! En haut de la colline, je trouve un terrain plat mais toujours humide pour poser ma tente. Tant pis, on fera avec pour ce soir.

En passant par Harris :

Pour une première nuit en tente, on peut dire que ça n’a pas été pire. C'était certes difficile de poser un pied en dehors du matelas sans avoir la chaussette trempée mais pas eu trop froid et j'ai réussi à fermer l'oeil.

Quand je dézip' l'entré de la tente ce matin, le ciel est gris. J'ajoute un peu d'eau dans mon porridge dans lequel j'avais ajouté au préalable des fruits secs et du cacao en poudre. J'avale une mandarine et un thé et je suis prête pour attaquer une bonne journée !

J’effectue à nouveau 2 aller - retour pour descendre tout mon débarras puis récupère mon vélo qui m’a attendu sagement en plein milieu de la pente toute la nuit .

Le soleil n’est pas très loin. Je le vois sortir de la couche grise qui couvre le ciel. Je suis à une vingtaine de kilomètre de Tarbert et j’ai encore quelques kilomètres de plus à faire pour rejoindre le port de Leverburgh qui m’amènera sur l’île d’Uist au village de Berneray. En traçant cette itinéraire je savais plus ou moins à quoi m’attendre en terme de dénivelé. Je savais qu’il y avait au moins deux grosses montées avant d’arriver sur Tarbert. Eh bein, je dois vous dire que ça se mérite d’arriver dans cette ville. C’est plus qu’une montée c’est un col qu’il me fallait franchir. Et c’est quand tu crois avoir fait le plus gros qu'une nouvelle montée reprends. De là haut, je peux voir la mer. Parfois même, les lacs d’altitude, où je me trouve, se confondent avec elle. Je ne sais plus bien où je me trouve. Suis-je en bas en haut ? J’ai pousser mon vélo sur plus du tiers de la matinée. Il est passé 13h et j’arrive au bout d’une longue descente. L’activité humaine semble renaître. Une petite station service se trouve sur mon chemin. La devanture arpente fièrement le dessin d’un oiseau qu’on aurait tendance à confondre avec la Buse. Leurs silhouettes sont en effet assez semblable. C’est en fait un oiseau dont on parle peu. D’ailleurs, je dois dire que je ne l’ai encore jamais observé. Il s’agit de la Bondrée apivore. Cette station service tombe bien. Je crois que j’ai bien mérité une pause. Je prends un chocolat chaud et de quoi reprendre des forces pour tenir jusqu’au port de Leverburgh.

Tarbert s’arrête quasiment à la frontière entre Lewis et Harris. Qui n'est en fait qu'une seule et même grande île. C'est comme deux régions différentes. La plupart des personnes que j’ai rencontré sur Lewis parlent d'Harris comme étant complètement différent. Non, croyais moi, je n’ai pas encore abandonné l’Ecosse pour les Caraïbes. Et pourtant, on s’y croirais. Des plages de sable blanc et une eau turquoise entourent le bout de Ouest de l'île. Le soleil est de retour et je ne peux m’empêcher de m’arrêter à chaque changement de paysage. Les moutons broutent l’herbe quasiment les sabots dans l’eau. Les Huitriers et Vanneaux huppés poussent leur cri aigus alertant leur congénères lorsque j’arrive dans leur direction.

Le village de Leverburgh est habité par des vielles maisons de pêcheur qui entourent le Loch Steisebhat. Il n’y a pas de billetterie au port. Seulement une salle d’attente et un panneau lumineux qui annonce le prochain ferrie pour Berneray. Je m’installe dans la petite salle d'attente pour me mettre au chaud. Le chauffage ne marche pas. Une autre personne me rejoins. Elle me demande d’où je viens et à peine ai-je le temps de répondre qu’elle me dit en Français « Oh, tu es française ! ». Haha, je crois que mon accent est loin d’être encore au point ! Elle vient de Suisse. Elle est ici en vacances pour quelques jours. Elle attends le bus qui la ramènera à Stornoway. Elle se demandais justement si des personnes voyageaient ici en vélo pendant cette période. Elle me raconte que sa fille souhaite elle aussi faire un grand voyage à vélo. Je lui donne quelques filons avant qu’elle ne reparte. Ça me fait toujours un drôle d’effet de parler en français ici. J’ai l’impression que ma mâchoire doit se réadapter à articuler.

Je me prépare mon repas avant que le bateau et les autres voyageurs n’arrivent. Un sachet de nouilles chinoise, une soupe en sachet, du pain de mie et du fromage. Les voitures se garent en file indienne en attendant le ferrie. Je ne sais pas encore ce que j’ai prévu pour la suite de mon parcours. J’ai deux itinéraires possible. Soit je quitte l’île d’Uist et je rejoins l’île de Skye, connue pour ses grandioses montagnes mais aussi ses routes dénivelées, soit je continue sur les îles du Nord où les routes sont parfaites pour rouler et où peu de touristes viennent mettre les pieds. J’échange cette réflexion avec un écossais qui attends comme moi le ferrie. Il me dit, moi si j’étais toi je continuerais sur l’île d’Uist. Depuis que je suis en Ecosse tout le monde me parle de île de Skye. j'en ai tellement entendu parler que j’ai l’impression de déjà la connaître. Si je vais là bas, je n’ai aucun jours de répit pour rejoindre l’ile de Mull. Je dois pédaler tous les jours même si le temps n’est pas avec moi. J'ai donc pris ma décision. Je ne verrais pas l’île de Skye pour ce voyage mais à la découverte des mystères de l’île d’Uist.

La traversée aura durée environ une heure. J’arrive dans une toute petite auberge de jeunesse situé dans le village de Berneray. J’ouvre une première porte. J’arrive dans une chambre. Il n’y a personne. Je me dirige vers un autre bâtiment qui à l’air de faire office de cuisine. Une personne est là en train de lire un bouquin. Je lui demande, où est la réception. Elle me demande si c’est la première fois que je viens ici. Je lui réponds que oui. Ici, il n’y a pas de réception. Chacun paie sa nuit dans la petite boite prévu à cet effet et la propriétaire passe de temps en temps pour voir si tout est en ordre. Nathalia, me montre également la chambre où je peux m'installer. Nous sommes que deux ce soir et heureusement qu’elle était là pour m’expliquer le fonctionnement. Sans elle j’aurais été un peu perdue.


 
 
 

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